
Après une soirée théorique que j'avais donnée le vendredi 5/12 au soir à la Maison de la Spéléo (Namur) devant une douzaine d'intéressés (merci à JeanLefèvre pour les photos), nous étions dix spéléos à nous engager le samedi vers 15h à Beauregard pour mettre en pratique les notions abordées. Mais avant ça, il aura fallu pour chacun conditionner un kit avec tout le nécessaire pour passer une nuit sous terre et puis le trainer à travers une grande partie de la cavité pour installer le camp en haut du réseau Aragon. Autant dire que le bivouac était bien mérité car le cheminement, on ne peu plus varié, n'a rien d'une ballade, surtout chargé. Le but n'était pas ici d'aller bêtement installer un sac de couchage à quelques minutes de l'entrée mais bien de mettre les participants dans une situation les confrontant aux différentes difficultés liées à l'installation d'un bivouac profond ou éloigné. Puits, méandres, oppos, étroitures, rivière, escalades, boyau boueux, flotte, rien ne leur a été épargné, si ce n'est la température qui en Belgique n'a rien à voir avec celle d'un gouffre alpin par exemple. A part Jacques D. qui n'a pas aimé le plat principal (les "banquettes de veau"), toutes et tous ont atteint en +/- 4 heures la grande salle Joker qu'il a fallu alors transformer en dortoir pour... 9 personnes...
Petit tour de force quand on sait qu'elle est en forte pente, encombrée de nombreux blocs et de plus bien plus humide que prévu suite aux intempéries des jours précédents.

C'est d'ailleurs dans le smog dû à notre évaporation mélangée à la fumée de nos deux accrocs à la cigarette, que furent installés 6 hamacs savamment agencés pour nous laisser encore la possibilité de terrasser 3 emplacements relativement confortables au sol.




Les réchauds à alcool et la petite plate sortis, les repas lyophilisés variés furent vite engloutis et finalement appréciés, ne fusse que pour la facilité de préparation. Le temps encore d'une petite tisane et de bonbons (ou plutot des chics, suivant qu'on soit Namurois ou Liégeois ;-) distribué à tous les enfants sages par le grand (!) St Nicolas en personne, le temps de se glisser après un dernier pipi sous les couvertures de survie, et il était 23 h bien sonnées quand les premiers ronflements tentèrent de couvrir les impacts des gouttes à gouttes (ça mérite bien le pluriel !).

St Nicolas n'aura pas eu du mal à descendre par l'une d'elles !



Ce fut ensuite le retour jusqu'au confluent où nos compagnons n'ont pas eu le courage (froid) de nous attendre pour aller faire un petit crochet par la galerie des Sages et la Salle A. Lachambre, ce que nous avons fait dans la foulée, ce qui reste -même quand on connait- un moment unique, tant ces deux endroits sont féériques.
Et puis il y eut le retour vers la surface, avec en plus le kit collectif "orphelin". Nous rattraperons nos prédécesseurs aux fameuses banquettes de veau où notre vétéranne et (c'est comme ça qu'on dit ?) et non moins plus jeune spéléo (7 mois qu'elle en fait... motivée, chapeau) accouche dans la douleur de son maxi kit :-). Y'aura aussi un énorme sherpa qui capitulera dans la rivière Sud. Et enfin la lente remontée des puits d'entrée, à la queue leu leu, tout en dissertant entre nous de notre petite vie misérable de spéléo.

Quant à eux, nul doute que l'expérience leur a été bénéfique car ils savent désormais ce que représente un véritable bivouac souterrain, comment s'y prendre au mieux pour le préparer et surtout ce que ça impliqueune fois sous terre. Et moi même, j'ai encore appris des choses. Par exemple, qu'il fait bien meilleur dans les grottes belges que dans les cavités alpines !
le blog du projet Explo2009.

On reconnaitra de gauche à droite
Jacques (Calcaires), Anthony et Arnaud (CRSL), Nico (ESS/C7), Véro (Stalac), Frank et Mumu (ESS), Jérome (RCAE), Jack (C7)
On ne reconnait pas au milieu
Vincent (Gssem)